Le secteur des transactions immobilières a enregistré un accroissement de sa valeur ajoutée de l’ordre de 5% au 2 e trimestre 2018, contre 4,5% durant la même période de l’année précédente. C’est ce qu’a dévoilé le dernier rapport de l’Office national des statistiques (ONS).
A en croire ce rapport, les opérations de vente, d’achat et de location des biens immobiliers ont connu une hausse. «Le problème dans le marché de l’immobilier est que la vision macro du secteur ne prend pas en considération les détails très importants qui peuvent la fausser. Chaque région a sa spécificité.
A Alger, à titre d’exemple, il y a eu une baisse des transactions immobilières. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres wilayas telles que Oran. Cette ville connaît une forte activité économique qui influe directement sur le
marché de la location», explique Lotfi Ramdani, expert en immobilier, qui a rapporté les détails du
rapport de l’ONS. Notre interlocuteur ajoute également que ce taux de croissance ne prend pas en
considération l’indice très important qu’est l’informel.
Ce volet avait fait réagir, l’été dernier, la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI)
qui avait annoncé l’occupation de 70% du marché de l’immobilier par l’informel et dénoncé la sous-
déclaration des ventes. Cette fédération, qui active depuis plus de 20 ans, avait proposé comme
solution à cette anarchie le passage obligatoire par les agences immobilières pour toute transaction.
Les agents immobiliers avaient prédit cette évolution stable, mais qui ne reflète pas la réalité du
secteur vu l’impact important de l’informel. Dans le rapport de l’ONS rapporté par Lkeria.com, le secteur de l’immobilier, contrairement aux prévisions pessimistes des experts, a connu une évolution stable malgré la crise économique et le ralentissement du PIB. Le secteur du BTPH a connu une croissance de 3,1%. Un taux qui reste inférieur à celui du 1 er trimestre de la même année où il était estimé à 4,8%. Malgré cette légère baisse par rapport au trimestre précédent, il reste nettement supérieur à celui enregistré durant l’année 2017, durant laquelle il n’avait pas dépassé les 1,9%.
Comparé au 1 er trimestre 2018, le secteur des matériaux de construction a enregistré une chute importante. Il était à 11,3% pour passer à seulement 3,2% le trimestre suivant. Même s’il est toujours dans le positif, il est également en déclin par rapport à la même période de l’année 2017, où le taux de croissance était de 8,2%. La principale cause de cette baisse est la filière ciment et brique arrivée à saturation. Une situation qui risque de s’accentuer d’ici 2020, avec l’entrée en activité de plusieurs nouvelles cimenteries qui vont élever la capacité de production nationale de 25 à 40 millions de tonnes pour un besoin national actuel estimé à 26 millions de tonnes.
ASMA BERSALI
01 NOVEMBRE 2018 EL WATAN


